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Comment aider un enfant dyslexique

On l’affirme depuis des siècles : l’écriture est un instrument de liberté. Cela s’entend de la personne comme de la société dans son ensemble. On sait aussi que la maîtrise de l’écrit, attestée par la capacité de lire, constitue l’instrument par excellence de l’intégration sociale et culturelle.

L’écriture alphabétique est en fait un outil au service de l’affirmation de soi.  L »enfant dyslexique est un enfant qui n’a pas gagné, qui refuse ou qui craint de découvrir les outils de cette autonomie. Contre les tenants d’une hypothèse organiciste qui risque en fait de décourager parents et éducateurs,comment il est réellement possible d’accompagner et d’aider l’enfant dyslexique dans son travail de réapprivoisement de l’écrit. L’explication de la dyslexie par le déficit de l’un ou l’autre pré-requis à l’apprentissage de l’écrit est un non-sens culturel prouvé par l’étude de la formation de notre système d’écriture. Le développement des fonctions psychiques supérieures est en fait lié au développement même des apprentissages, à ce qui est enseigné et à la manière dont c’est enseigné. 

La dyslexie est un trouble spécifique du langage écrit (TSLE) qui se traduit par « une difficulté à apprendre à lire, malgré un enseignement adapté, une intelligence adéquate et un bon environnement socio-éducatif » (INSERM. Expertise collective 2006.). C’est une pathologie neuro-développementale durable qui peut gravement entraver les apprentissages fondamentaux nécessaires à la poursuite des études, l’acquisition de diplômes et l’insertion professionnelle et sociale. Les chiffres de sa prévalence généralement admis se situent entre 5% et 10% (HABIB 2000), ce qui en fait un véritable problème de santé publique.

L’outil développé par la médecine scolaire pour les élèves de GSM est le Bilan de Santé Evaluation du Développement pour la Scolarité 5 à 6 ans (ZORMAN M., JACQUIER-ROUX M. BSEDS 5-6). Très fortement centré sur le langage oral et les compétences sous-jacentes à l’apprentissage du langage écrit, il comporte : – un premier bilan fait par l’enseignant qui remplit un questionnaire qui évalue le comportement de l’élève, -son langage oral spontané (vocabulaire, production et réception, aspect sémantique en réception et en production), – les acquisitions en arithmétique (comptine, dénombrement), – la coordination motrice, la latéralisation, l’orientation temporo-spatiale – un bilan réalisé par le médecin scolaire incluant un examen médical et la passation d’épreuves : – motricité visuelle : vision binoculaire, capacité de convergence, dépistage de l’hétérophorie, poursuite oculaire, vision de couleurs épreuves cognitives visuelles : barrage des cloches, reconnaissance des lettres et discrimination de l’espace « inter-lettres », reproduction de figures – traitement de l’information auditive : discrimination phonémique – conscience phonologique : rimes, comptage et segmentation syllabiques – langage en production : répétition de logatomes, évaluation de la prononciation et de la syntaxe lors du langage oral – la mémoire à court terme (empan de chiffres) – antécédents personnels et familiaux de langage.

Pour améliorer la prise en charge, c’est le travail autour de chaque cas, le « sur mesure » co-construit entre l’enseignant, le psychologue, le médecin scolaire et l’orthophoniste qui semble vraiment positif. Il est par exemple très important de prendre en compte les travaux en orthophonie pour amener l’enfant à réinvestir progressivement, à l’école, les moyens de compensation qu’il met en place par la rééducation. Dans de nombreux cas, on peut déplorer le manque de coordination et/ou le manque de temps. Par conséquent, le suivi du projet de scolarisation doit être régulier.

Il s’agit de placer le jeune au centre de son projet de scolarisation d’une façon qui ne doit pas rester formelle, – en lui proposant de participer à la mise en place du PPS avec son orthophoniste, en travaillant sur le « cahier des charge » de ce projet en décrivant par discipline les difficultés qu’il rencontre, et ce qui d’après lui pourrait l’aider – en l’invitant à participer à l’information des autres élèves de la classe concernant sa dyslexie et les aménagements pédagogiques dont il va bénéficier – en le rencontrant régulièrement pour l’encourager, et évaluer sa santé physique et sa santé psychique (une souffrance psychique relevée chez des enfants en difficulté d’apprentissage est souvent la conséquence de leur échec scolaire).

Deux orientation de travail se révèlent prioritaires : la formation et la coordination de l’équipe pluridisciplinaire qui accompagne l’enfant. La formation sur les troubles spécifiques du langage constitue la base de la prise en charge des enfants dyslexiques. En effet, elle est indispensable pour améliorer le repérage par les enseignants de ces élèves qui nécessitent une prise en charge spécifique parmi d’autres élèves en difficulté ; elle est tout aussi indispensable pour obtenir la co-construction pluridisciplinaire du projet de scolarisation et des aménagements pédagogiques. Enfin, la relation avec les familles pourra évoluer de l’incompréhension à la coopération. Seule cette coopération entre tous les acteurs permettra de connaître l’enfant dans sa globalité et de lui proposer un accompagnement « sur mesure », régulièrement évalué et adapté à son évolution…et de penser des solutions innovantes.

Nous soulignerons enfin la nécessité de combler le clivage entre les professionnels de santé et les professionnels de l’éducation. L’école n’est pas un lieu de soins mais les personnels de soin peuvent faciliter l’éducation.

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